mardi 8 janvier 2008

La conférence de Goma pour la paix en RDC prend du retard

En raison da l'arrivée massive de participants retardataires, la conférence réunie à Goma pour tenter de ramener la paix civile dans l'Est du Congo démocratique n'est toujours pas entrée mardi dans le vif du sujet.Dimanche, ce forum avait été officiellement ouvert, mais sans la participation des deux protagonistes-clés - le président congolais Joseph Kabila, qui s'est décommandé à la dernière minute, et le général rebelle Laurent Nkunda, qui affirme défendre les Tutsis congolais du Nord-Kivu limitrophe du Rwanda.

Les troubles dans l'Est, riche en ressources minières, de l'ancien Congo belge ont fait 400.000 déplacés en 2007.

Mardi, le porte-parole de la conférence, Vital Kamerhe, par ailleurs président de la Chambre des députés à Kinshasa, a annoncé aux journalistes que l'inscription des délégués serait prolongée de 24 heures en raison d'un nombre plus élevé de délégués que prévu.

"Nous attendions 300 délégués en tout. Et pourtant, chaque jour apporte un lot important de nouveaux arrivants à Goma", a-t-il expliqué. "On a déjà enregistré environ 800 inscriptions, sans compter les 200 à 300 participants non enregistrés à ce jour."

Plus de 400.000 habitants de la province du Nord-Kivu ont dû fuir leurs foyers l'an dernier en raison des combats entre les soldats gouvernementaux, les fidèles de Nkunda, les miliciens Maï-Maï et les rebelles rwandais, séquelles de la guerre civile qui a ravagé l'ex-Zaïre entre 1998 et 2003.

"C'est la première fois dans l'histoire de notre pays que les frères et soeurs de ces deux provinces (du Nord-Kivu et du Sud-Kivu) se réunissent avec pour seul et unique objectif la recherche de la paix, de la sécurité et du développement", avait déclaré, lors de la cérémonie d'ouverture dimanche, le ministre de l'Intérieur Denis Kalume, représentant spécial de Kabila.

La délégation envoyée par le général Nkunda, qui n'a pas exclu de se rendre lui-même plus tard à Goma, est composée de représentants civils et militaires.

Le gouvernement de Kinshasa s'est engagé à suspendre les opérations militaires pendant la durée de la conférence.

Plusieurs efforts de médiation et campagnes militaires n'ont pas réussi à mettre fin à des années d'affrontements dans l'est de la RDC, où la présence de combattants hutus rwandais accusés d'avoir mené le génocide de 1994 au Rwanda a provoqué régulièrement des conflits.

Reuters
Version française Guy Kérivel et Jean-Loup Fiévet

dimanche 6 janvier 2008

Une conférence sur la paix dans les provinces en proie aux troubles du Nord et du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), s'ouvre dimanche à Goma, a annoncé samedi le comité organisateur, au cours d'un point de presse.

"Comme prévu, il y aura ce dimanche la cérémonie d'ouverture de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement au Nord et au Sud-Kivu dans l'enceinte de l'Université libre des Grands lacs à Goma", capitale du Nord-Kivu, a déclaré l'abbé Apollinaire Malu Malu, qui préside le comité préparatoire.

Organisée à l'initiative du président Joseph Kabila, cette conférence vise à mettre fin aux conflits dans ces deux provinces frontalières du Rwanda et du Burundi et jeter les bases d'une paix durable dans la région.

Le Nord-Kivu est depuis août 2007 le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) - qui y ont déployé près de 25.000 hommes - et des soldats insurgés ralliés au général déchu Laurent Nkunda, dont le nombre est estimé à environ 4.000. Cette région compte quelque 800.000 déplacés de guerre, selon l'ONU.

Le gouvernement a annoncé officiellement samedi la suspension des opérations militaires au Nord-Kivu pour "permettre la tenue dans les meilleures conditions" de cette conférence. Selon le ministre congolais de la Défense, Chikez Diemu qui a annoncé cette décision, les FARDC "vont observer une suspension, jusqu'à nouvel ordre, des opérations militaires dans la province du Nord-Kivu".

Prévue initialement le 27 décembre, l'ouverture de la conférence avait été repoussée au 6 janvier pour permettre au comité organisateur de "sensibiliser davantage" les différentes communautés des deux provinces sur l'opportunité d'une telle rencontre.

Tous les chefs des groupes armés congolais opérant dans la région, y compris le chef rebelle Nkunda, ont été invités à la conférence, a assuré l'abbé Malu Malu. "Tous, sans exception, ont été invités à participer aux travaux de la conférence", a-t-il indiqué sans donner plus de précision.

Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, mouvement politico-militaire de Nkunda ) n'avait pas encore confirmé samedi en fin d'après-midi la participation de son leader.

Tutsi congolais, Nkunda se pose en protecteur de sa communauté et réclame officiellement la neutralisation des rebelles hutus rwandais basés en RDC - dont certains ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis. Il exige aussi le retour de quelque 46.000 Tutsis congolais réfugiés depuis des années dans les pays voisins.

Environ 600 personnes, représentants du gouvernement, parlementaires, membres de la société civile, militaires et délégués des différentes communautés ethniques du Nord et du Sud-Kivu, sont attendues à ces assises.

Des délégués des pays voisins de la RDC ainsi que des représentants de la communauté internationale sont également attendus dans cette ville placée sous haute surveillance des forces de l'ordre ainsi que des Casques bleus.

La conférence de Goma, dont la clôture interviendra le 14 janvier, abordera notamment les problèmes posés par la présence de groupes armés locaux et étrangers, la surveillance des frontières, le trafic illicite de minerais ainsi que la prolifération des armes dans la région.

Dans son message de voeux aux Congolais, M. Kabila avait expliqué: "Cette conférence n'a pas pour objet un quelconque partage du pouvoir, encore moins la réouverture de débats sur des questions déjà tranchées par le peuple congolais à l'occasion du dernier référendum constitutionnel" de 2006.

Dans un communiqué parvenu à l'AFP, les "Patriotes Maï Maï", branche politique d'une milice locale accusée par Nkunda de soutenir les FARDC, ont prévenu que "répondre favorablement au cahier de charge de Laurent Nkunda serait un crachat sur la Constitution mais aussi légitimer toutes les rébellions".

GOMA (AFP)

Une conférence de paix destinée à mettre fin aux affrontements dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) s'est ouverte dimanche dans la ville de Goma, en l'absence toutefois du président Joseph Kabila et du général rebelle Laurent Nkunda.

Plus de 400.000 habitants de la province du Nord-Kivu ont dû fuir leurs foyers l'an dernier en raison des combats entre les soldats gouvernementaux, les fidèles de Nkunda, les miliciens Maï-Maï et les rebelles rwandais, séquelles de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1998 et 2003.

Le président congolais devait participer à l'ouverture de la conférence mais s'est décommandé à la dernière minute.

"C'est la première fois dans l'histoire de notre pays que les frères et soeurs de ces deux provinces (du Nord-Kivu et du Sud-Kivu) se réunissent avec pour seul et unique objectif la recherche de la paix, de la sécurité et du développement", a déclaré lors de la cérémonie d'ouverture le ministre de l'Intérieur Denis Kalume, représentant spécial de Kabila.

La délégation envoyée par le général Nkunda, qui n'a pas exclu de se rendre lui-même plus tard à Goma, est composée de représentants civils et militaires.

Le gouvernement de Kinshasa s'est engagé à suspendre les opérations militaires pendant la durée de la conférence.

Plusieurs efforts de médiation et campagnes militaires n'ont pu mettre fin à des années d'affrontements dans l'est de la RDC, où la présence de combattants hutus rwandais accusés d'avoir mené le génocide de 1994 au Rwanda a provoqué régulièrement des conflits.

Le Hutu Ignace Murwanashyaka, président des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), n'a pas été invité. "D'après nos informations, il s'agit d'un dialogue intercongolais et on ne nous a pas demandé d'y participer", avait-il déclaré samedi.

Les FDLR sont composées de 7.000 à 8.000 anciens soldats rwandais et de membres de la milice Interahamwe, tenus pour responsables du génocide de 1994 au Rwanda et qui se sont ensuite réfugiés au Congo.

Le général Nkunda, qui a repoussé récemment avec ses 4.000 hommes une offensive de l'armée gouvernementale, déclare se battre pour la protection de sa communauté minoritaire contre les attaques des Hutus.

KINSHASA (Reuters)

Version française Guy Kerivel

samedi 5 janvier 2008

Benjamin Badikadila, a été expulsé samedi à l'aéroport de Roissy

Un des leaders du mouvement de protestation entamé au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), Benjamin Badikadila, a été expulsé samedi à l'aéroport de Roissy pour Kinshasa, selon le Réseau éducation sans frontières (RESF).Ce Congolais vivait en France depuis 11 ans. Il a été expulsé sur un vol prévu à 10H25 et qui a décollé avec une demi-heure de retard pour la République démocratique du Congo.

Des militants de RESF (à la pointe de la mobilisation pour la régularisation des parents sans-papiers d'enfants scolarisés en France, ndlr), étaient présents à Roissy samedi matin pour tenter de convaincre les passagers du vol de s'opposer à cette reconduite.

"Le capitaine du vol a demandé aux gens s'opposant à l'expulsion de descendre eux-même de l'avion", a expliqué à l'AFP Brigitte Cerf, de RESF 77. "Cela n'aurait rien changé, donc le vol est parti" a-t-elle ajouté.

Benjamin Badikadila, âgé de 46 ans, vivait en France depuis 1996 et travaillait comme "aide-soignant à l'hôpital de Brie-Comte-Robert", selon Mme Cerf. Il est père de cinq enfants, dont les deux derniers sont nés en France et y sont scolarisés.

Il faisait partie des sans-papiers qui ont lancé un mouvement de protestation contre leurs conditions de rétention. Depuis le 20 décembre, plusieurs dizaines de retenus du centre du Mesnil-Amelot ont ainsi exhibé des affiches sur la "France, pays des droits de l'Homme", observé une grève de la faim et manifesté à plusieurs reprises dans la cour intérieure du centre.

Vendredi, un autre leader du mouvement, Paul Wem, un Gabonais vivant en France depuis deux ans, avait été expulsé pour Libreville.

jeudi 3 janvier 2008

Lancement d'une campagne pour le désarmement

Une campagne de sensibilisation pour éradiquer les groupes armés opérant dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) a été lancée officiellement mardi, selon une déclaration écrite du ministre congolais de la Défense reçue mercredi à l'AFP.

Cette déclaration fait suite à un plan d'action transmis début décembre par les autorités congolaises à la partie rwandaise qui enjoint les parties concernées "de déposer les armes, de se démobiliser et de se rendre au cantonnement".
Pendant cette campagne qui se déroulera jusqu'à septembre, les groupes armés étrangers doivent rejoindre le programme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinsertion (DDRRR) mis en place pour leur retour dans leurs pays d'origine, notamment le Rwanda.
Quant aux groupes armés congolais, ils doivent choisir entre la démobilisation pour leur retour à la vie civile, dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) ou leur intégration dans les Forces armées de la RDC après un processus de brassage (formation).
Le plan prévoit des dispositions spécifiques pour ceux des groupes armés étrangers, opposés au rapatriement dans leur pays d'origine, à l'issue d'une période organisant leur désarmement et leur cantonnement.
Pour assurer l'application des mesures prévues par ce plan, une commission technique comprenant des représentants du gouvernement congolais, de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) et des agences du système de l'ONU a été mise sur pied.
"Ce plan d'action est assorti d'un volet militaire, s'il s'avérait que les mesures de sensibilisation et d'incitation (...) n'étaient pas suivies d'effet", précise le ministre dans sa déclaration.
La RDC et le Rwanda, parrainés notamment par l'ONU, l'Union africaine, l'Union européenne et les Etats-Unis, ont approuvé le 16 décembre, à Goma, capitale du Nord-Kivu, la création d'un "groupe de travail permanent" pour assurer le suivi et la mise en oeuvre des dispositions du communiqué conjoint (RDC-Rwanda) signé le 9 novembre à Nairobi.
Au terme de ce communiqué, Kinshasa s'est engagé à poursuivre les rebelles hutus rwandais présents sur son sol avant de présenter fin décembre au Rwanda un plan pour neutraliser ces miliciens, dont certains ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie.
De son côté, Kigali s'est engagé à s'abstenir de tout soutien à un groupe armé en RDC, en particulier celui du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, qui se pose depuis des années en défenseur de sa communauté et combat depuis trois mois l'armée congolaise au Nord-Kivu.